Inondations meurtrières en Allemagne et en Belgique : qui sont les responsables ?

Des intempéries dévastatrices ont frappé la Rhénanie au cours du mois juillet causant la mort de 160 personnes en Allemagne et 31 personnes en Belgique. Des images saisissantes montrent des quartiers entiers emportés par la pluie, des maisons éventrées, des routes scindées et des réseaux électriques détruits. L’Allemagne, pays le plus endeuillé, questionne l’efficacité de son système national d’alerte et compte remettre le réchauffement climatique au cœur des campagnes législatives. Comment ce phénomène naturel peut-il faire autant de victimes lorsque, pourtant, celui-ci est anticipé ? Quel rôle occupe le réchauffement climatique dans cette catastrophe ? WiseFins tente de vous apporter des éléments de réponse.

De graves dégâts et des images catastrophiques

Le mauvais aménagement du territoire reste la première cause d’inondation. Cela se traduit par une imperméabilisation des sols, la perte de couvert forestier, d’espaces naturels, de zones humides, qui font normalement office d’éponge et de barrières naturelles. Les sols actuels, saturés en eau, ne peuvent absorber les précipitations exceptionnelles qui se déversent dans les fonds de vallées. La prévention des risques est négligée dans beaucoup de constructions. Le secteur du bâtiment ne prend pas assez en compte d’un côté, les inondations passées et d’un autre côté, les changements à venir. Il est nécessaire de comprendre les enseignements à tirer, et de se projeter pour trouver les matériaux de demain. L’aménagement du territoire, notamment lorsqu’il s’agit d’interdire la construction en zone inondable, est la solution de bon sens mais celle-ci se heurte malheureusement trop souvent aux intérêts particuliers.

Un aménagement du territoire irresponsable

Le mauvais aménagement du territoire reste la première cause d’inondation. Cela se traduit par une imperméabilisation des sols, la perte de couvert forestier, d’espaces naturels, de zones humides, qui font normalement office d’éponge et de barrières naturelles. Les sols actuels, saturés en eau, ne peuvent absorber les précipitations exceptionnelles qui se déversent dans les fonds de vallées. La prévention des risques est négligée dans beaucoup de constructions. Le secteur du bâtiment ne prend pas assez en compte d’un côté, les inondations passées et d’un autre côté, les changements à venir. Il est nécessaire de comprendre les enseignements à tirer, et de se projeter pour trouver les matériaux de demain. L’aménagement du territoire, notamment lorsqu’il s’agit d’interdire la construction en zone inondable, est la solution de bon sens mais celle-ci se heurte malheureusement trop souvent aux intérêts particuliers.

Un lien avec le changement climatique

Le phénomène qui s’est déroulé en Europe de l’Ouest en juillet, est, d’un point de vue météorologique, considéré comme normal voire classique. Là où le réchauffement climatique peut être mis en cause dans cette catastrophe, c’est dans la violence et l’intensité des pluies relevées. En l’état actuel, il est difficile d’attribuer un événement précis au changement climatique. En revanche, les fréquences et les intensités plus soutenues des événements climatiques sont considérés par les météorologues comme la conséquence directe de l’élévation des températures. Le réchauffement climatique augmente donc considérablement l’occurrence de phénomènes climatiques graves. Le jeudi 22 juillet, Angela Merkel a réitéré son appel, suite aux inondations extrêmes qui ont touché son pays, pour accélérer la lutte contre le réchauffement climatique. Les décideurs et aménageurs ne considèrent toujours suffisamment pas les conséquences d’un monde aux événements météorologiques plus intenses et continuent d’agir et de construire de manière irresponsable sans atténuer ou prévenir les risques liés au changement climatique.

La France a-t-elle la capacité de se protéger ?

La France, dont la région Nord-Est, a aussi été touchée par les intempéries de juillet. Le pays n’est et ne sera pas épargné dans le futur. L’inondation est le risque naturel le plus courant en France avec 17,1 millions de personnes exposées aux inondations et 1,4 millions de personnes exposées aux submersions. Les inondations représentent par ailleurs environ 55 % des sinistres. Des épisodes violents et récents, liés aux inondations, restent gravés dans les mémoires. Dans le département des Alpes-Maritimes, les grandes intempéries d’octobre 2020 ont détruit des maisons, des voitures, des routes, laissant certains villages coupés du monde, comme ce fut le cas pour le village de Saint-Martin-Vésubie. Dans l’Aude, les crues du 15 octobre 2018 ont causé la mort de 15 personnes. Pour autant, avec un quart des habitants français déjà exposés à ces risques, la France n’a pas aménagé son territoire en intégrant le risque d’inondation. Aujourd’hui, l’urgence est de ne pas aggraver la situation actuelle en arrêtant toute construction sur des zones inondables et cessant d’ultra-imperméabiliser les nouveaux bâtiments.

Evénements climatiques extrêmes, à quand une prise de position ?

Le changement climatique a de multiples conséquences sur nos vies passées, présentes et futures. Bien que les scientifiques et les experts nous avertissent depuis des décennies, ni la société, ni les pouvoirs publics n’ont agi. Ces inondations ont marqué en Allemagne la fin d’une période, celle où on pouvait se sentir en sécurité. Après l’urgence de soutenir les personnes sinistrées et de reconstruire, viendra le temps d‘apporter des réponses pour le futur. Le lundi 9 août, les experts scientifiques du GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) ont rendu public un rapport sur le changement climatique. Cet ouvrage sera déterminant lors de la COP26, soit le grand sommet climatique, qui se tiendra à Glasgow en novembre 2021. Les conclusions de ce rapport mettent en évidence la corrélation déjà existante entre l'activité humaine et le réchauffement climatique. En effet, il démontre que l’activité humaine accélère le rythme du réchauffement climatique et augmente l’apparition d’événements extrêmes tels que les inondations, les vagues de chaleur et les incendies que nous subissons aujourd’hui. Les changements des glaciers, des océans et des niveaux des mers sont parmi les symptômes les plus visibles et les plus dramatiques de la crise climatique. Chaque augmentation de température, si petite soit-elle, aura des incidences sur la fréquence et l'intensité des phénomènes extrêmes à venir. En 2015, la communauté internationale s’était fixée comme objectif de ne pas dépasser les 2 degrés Celsius, voire les 1,5 degrés Celsius, de réchauffement global d’ici la fin du siècle. Le GIEC alerte sur la nécessité d’opérer des changements rapides afin d’accomplir cette mission. Au rythme actuel que nous menons, le rapport montre que nous atteindrons le seuil des +1,5 degrés Celsius entre 2030 et 2052, et des +3 degrés Celsius à la fin du siècle. Ce rapport confirme l'importance de réduire rapidement nos émissions de gaz à effet de serre et de coopérer autour d’un même objectif, la carboneutralité d’ici 2050. Les catastrophes qui endeuillent les pays voisins ou plus éloignés doivent servir de réveil. Limiter, à l’avenir, les pertes humaines et le dérèglement climatique doivent guider une reconstruction basée sur un mode de vie plus averti et écologique. Il ne tient qu’aux gouvernements, et notamment au gouvernement français, le 8e pays contributeur historique aux émissions de gaz à effet de serre, de montrer l’exemple et de prendre leurs responsabilités.

Rédigé par Maeva Ortega.

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